mardi 11 février 2014

Habituation / sensibilisation dans la familiarisation du chiot


Habituation / sensibilisation dans la familiarisation du chiot


La période de socialisation / familiarisation est une période critique dans le développement comportemental d'un chiot. Il doit être confronté à de très nombreuses expériences mais attention, la quantité ne doit pas faire oublier la qualité de ces nouvelles expériences.


Dans cette vidéo, le jeune Imhotep, 11 semaines profite de sa balade pour engranger des nouvelles expériences positives.




Volontairement, j'interviens très peu:  Habituation et sensibilisation sont des apprentissages non associatifs qui visent respectivement à l'extinction ou l'augmentation des réactions face à un stimulus.

(Très utile face aux canards quand on a choisi un chiot dont la maman est un chien de chasse!!!)

Le vrai acteur, c'est l'autre chienne qui sera vecteur de facilitation sociale. Elle lui apprendra à se promener sans aller trop loin, à regarder où se trouve son maître, etc...

Dans la dernière séquence, la situation est peu favorable: les maîtres sont très très tendus (certains gestes ne trompent pas).... peu de chance d'apprendre grand chose... risque d'expérience négative: alors on va aller voir plus loin. 

En fait le seul rôle du maître ici, c'est de maîtriser et "prévoir" l'environnement et de lire les signaux de stress de son chiot.




Pour plus d'info. sur l'habituation/ sensibilisation, les apprentissages non associatifs, les période de développement comportemental, n'hésitez pas à consulter le programme de fabuleux séminaire!!:



Imhotep et Antoine BOUVRESSE








vendredi 31 janvier 2014

Familiarisation chiot / chat

 

Familiarisation d' IMHOTEP "le sage" aux chats.

 


La mise en présence précoce du chiot avec d'autres espèces est capitale.

Elle permettra au chiot d'appréhender le chat comme une espèce connue, familière, et non comme...une proie.


Attention, la familiarisation nécessite plus de répétitions pour s'ancrer à long terme dans le comportement du chiot. De plus ces présentations entre espèces différentes sont plus difficilement généralisable: certains chiens sont familiers de 1 ou 2 chats...mais peuvent agresser d'autres chats inconnus.




Pour une familiarisation réussie, sans risque de sensibilisation, utilisez un bon gros chat de cabinet vétérinaire: ils savent habituellement garder les chiens à distance et garder leur calme face à un "petit énervé".

En fin de séquence, le chiot retourne se coucher: il ne réagit plus au stimulus-chat: c'est une extinction, et à long terme, une habituation.

Bon évidemment, ne choississez pas de filmer un chat noir sur un fauteuil noir, il faudrait être stupide!!

NB: Désolé pour la musique, je n'ai pas pu résister!

Dr BOUVRESSE





dimanche 26 janvier 2014

Arrivée d'un nouveau chiot!




Imhotep est arrivée parmi nous!

Objectifs de première semaine!


Pas beaucoup de temps depuis 12 jours: Imhotep est arrivé à la maison. Vous l'avez déjà vu !! Dans la vidéo de familiarisation de la porté de Nala :

http://veterinaire-comportement.blogspot.fr/2013/12/familiariser-des-chiots-au-milieu-urbain.html

Ce billet sera court: je dois l'écrire entre 2 nettoyages de pipi!!

Voici les objectifs dans ces premiers jours d'arrivée:



 


1) Favoriser une bonne intégration avec les chiens du foyer: ce sont ces "vieilles" qui vont prendre en charge les apprentissages sociaux du petit donc il faut que le lien soit de bonne qualité.











Les chiennes ont commencé à jouer avec le chiot au bout de jours environ. Elles sont habituées à ne pas trop interagir avec les pensionnaires à court terme de la maison,  qui sont parfois peu socialisées, ou physiquement affaiblies.

Mais elles sont là pour lui apprendre les bonnes manières:



Je vous laisse apprécier les jolis signaux de communication et d'apaisement...mais ça va vite!

2) Développer ses compétences sociales: pas de secrets: multiplier les expériences positives avec de nombreux congénères!



Il faut rester néanmoins attentif à ce que ces expériences ne soient pas sensibilisantes!!
Pour cela, il est tous les jours à la clinique avec moi en consultation...il s'intéresse aussi un peu au secrétariat, mais il n'est pas encore au point!!




Rajoutez des câlins...

  

Et plein de sorties en ville pour favoriser la familiarisation: 




Prochain post' sur des vidéos de Imhotep à l'extérieur pour se familiariser aux stimulations du milieu citadin!

Je vous laisse, Imhotep a décidé que c'était l'heure du ménage!!

Dr BOUVRESSE











mercredi 8 janvier 2014

1ere utilisation des NAIL CAPS chez un chat.

 

Les NAIL CAPS pour chats.

  Après beaucoup d'hésitations et de réticence, j'ai utilisé cette semaine pour la première fois des Nail Caps: des manchons en plastique qui se fixent sur les griffes des chats pour les neutraliser.





Ces produits existent en plusieurs couleurs, plusieurs tailles et se posent comme des faux ongles... (enfin..d'après ce que l'on m'a dit!! ;-)  ).

Une colle est fournie et permet de poser ces dispositifs pour une durée de 2 à 3 semaines en fonction de l'activité du chacha.







Les indications principales de ce dispositif sont:
1) d'éviter les griffures en cas de comportements agressifs
2) d'éviter que le mobilier ne soit endommagé par les comportements de griffades.

Dans cette optique, les Nail Caps me semblaient donc être un "mauvais outil", destiné à esquiver le problème sans le régler!! C'est évidemment toujours mon opinion sur les indications précédentes.




Le cas de ZELDA, minette stérilisée de 4 ans m'a conduit à envisager les Nail Caps différemment.


ZELDA souffre de graves problèmes dermatologiques. Depuis maintenant 2 ans, elle est suivi pour des démangeaisons sur le cou et la face qui l'amènent à se blesser tant elle se gratte. Cette présentation clinique, également appelée "prurit cervico-facial" est très souvent le signe d'une pathologie allergique, ce qui a été confirmé par des test de laboratoire et des biopsies cutanées.
Ainsi, et après de nombreuses tentatives thérapeutiques (recherche parasitaire, modifications alimentaires, modification du cadre de vie, corticothérapies ....), ZELDA reçoit un médicament immuno-modulateur qui atténue ses crises allergiques.


Depuis 6 mois, ZELDA se gratte de nouveau.... GRRRR... il n'y a pas eu de modifications particulières de son "hygiène de vie" et les ajustements de son traitement dermatologique ne semblent pas satisfaisants. De plus ZELDA est décrite comme distante, en retrait, elle ne cherche plus de câlins auprès de ses maîtres. Et toutes les analyses sont normales!! On émet alors l'hypothèse qu'il y a dans ces grattouilles compulsives une composante anxieuse... Pas facile à prouver! Mais beaucoup d'autres hypothèses ont été exclues ou gérées, et il n'existe pas de test "diagnostic" pour les comportements anxieux auto-centrés. 


 Nous décidons, en plus de la démarche allergologique en cours de s'attacher à la composante anxieuse: il faut identifier les facteurs anxiogènes et améliorer l'environnement relationnel et physique de ZELDA. (Les troubles anxieux et dermatologiques peuvent souvent être liés: Cf http://veterinaire-comportement.blogspot.fr/2013/11/medecine-des-collectivites-stress.html)




Après 2 mois de mise en place des aménagements de l'environnement: ( modification des distributions alimentaires, aménagements de caches et des accès aux pièces etc...), les maîtres de ZELDA notent un vrai changement d'attitude: elle redevient câline, et son grattage compulsif a diminué. Néanmoins lorsqu'elle est déplacée, ZELDA reprend immédiatement ce comportement et se blesse de nouveau. 




Sur la photo ci-dessus, la lésion, pourtant impressionnante, n'a jamais été si peu étendue depuis 6 mois... mais elle persiste de manière unilatérale.



BREF, les choses s'améliorent, mais la guérison complète des lésions semble compromise. 
(Ah oui, j'oubliais: la collerette a été testée dès le début de son prurit cervico-facial, mais ZELDA ne la supporte pas: elle reste prostrée pendant des journées entières...et se mutile dès que la collerette est retirée...)


Les maitres de ZELDA voudraient ne pas médicaliser leur animal car ils ont constaté que les aménagements de l'environnement seuls permettent une nette amélioration de ses symptômes anxieux. Mais ils voient leur chacha en mal-être et songent à la placer dans un foyer avec un accès à l'extérieur. Même si les résultats ne sont jamais garantis car chaque individu réagit différemment, ce serait sans doute une option intéressante pour ZELDA.

En toute connaissance de causes, nous décidons de tester les Nail Caps sur ZELDA. Le dispositif est à priori peu anxiogène et permettrai à ZELDA de ne plus se blesser.







Nous choisissons de n'installer que 4 dispositifs sur les griffe de la patte arrière droite. 
J'opte pour une couleur transparente pour écarter toute interprétation ludico-récréative!!!



ZELDA porte ses Nail Caps depuis 2 jours sans être gênée. Si les résultats sont satisfaisants, prochaine manucure dans 2 à 3 semaine jusqu'à cicatrisation.
J'espère que ce "coup de pouce" permettra à ZELDA de cicatriser ses plaies. Dans le cas contraire, il faudra envisager de la médicaliser ou de la placer dans un environnement plus favorable (au niveau comportemental ET allergologique).



Vos avis et vos retours d'expérience sur ce produit m’intéressent!! 
Vos commentaires sont les bienvenus.



Dr A. BOUVRESSE









samedi 28 décembre 2013

Enrichissement du milieu d'un perroquet...


Enrichissement du milieu d'un perroquet...

et du chacha...

 

Nos animaux domestiques vivent parfois dans un environnement confiné où il leur est difficile d'exprimer les comportements propres de leur espèce. Or cette limite dans l'expression des comportements naturels peut mettre en péril le bien-être de nos compagnons (Brambell, 1965).

 On parle d'aménagement de l'environnement lorsqu'on modifie le milieu animé ou inanimé d'un animal. C'est lorsque ces aménagements apportent une amélioration factuelle des conditions de vie d'UN INDIVIDU que l'on parle d' ENRICHISSEMENT du milieu de vie ( Newberry, 1995).

De très nombreuses modalités d'aménagement peuvent être envisagées: modification de la distribution de nourriture, des jeux, des interactions, etc...
Les aménagement de l'environnement auditif sont bien souvent propres à une espèce. 






Dans cette vidéo, des chants d'oiseaux (aménagement) semblent recevoir une réponse comportementale positive chez cette perroquet Gris du Gabon (enrichissement).

Mais le chacha profite aussi de ces stimulations auditives... même si cela a vraisemblablement une signification différente: il est en position ramassée, "caché" derrière une poutre, les pupilles sont dilatées. Il est possible que ces sons stimulent certains instinct de prédation. 

En revanche...pourquoi est-ce que Chacha cherche du regard des oiseaux à l'opposé de la source sonore (0'38) ?? ça c'est un mystère du cerveau de Chacha.


A. BOUVRESSE
(Chacha et Fiona)


vendredi 20 décembre 2013

Un Boston terrier "agressif" chez le vétérinaire


 Désensibilisation à la consultation vétérinaire.


Par certaines expériences traumatisantes, certains chiens (et chats) présentent des réactions de peurs chez le vétos. Certains parlent de phobies, on préfère le terme de sensibilisation. Ces manifestations peuvent être très violentes selon le tempérament du chien et la contrainte imposée. Ce chien, chez son vétérinaire habituel, commence à trembler avant de passer la porte du cabinet et attaque violemment à chaque prise de contact!!

Voici la première séance d'un Boston Terrier de 5 ans! Objectif: piqure sous cutanée sans contrainte dans 3 séances! Méthode: nouveaux apprentissages associatifs dans un contexte favorable. Processus: habituation!







Désolé pour les commentaires parfois stupides en cours de séance... ;)
Le plus important : le time-code et les attitudes du chien. La vidéo est un peu longue, mais je n'avais pas le cœur de la réduire plus. (Je ne serai pas vexé si vous l'accélérez!). A noter : la différence d'attitude entre les premières secondes et la toute fin de la séance.
Notez à 10'05 et 10'15 la réaction de recul immédiat pour un objet nouveau dans ce contexte ... ou qu'il associe aux visites vétérinaire précédentes.

Merci à Charlotte DURANTON, éthologue, qui m'a aidé à filmer cette séance! (Et à sa chienne Carrie qui a joué le rôle de facilitateur autour de la table de consultation)


Dr A. BOUVRESSE



mardi 17 décembre 2013

Médecine des collectivités: Stress , immunité et pathologies 2/2






Médecine de collectivités :

Stress, immunité et pathologies.


n'estNous avons vu dans la première partie de cet article quels étaient les liens entre le stress d'un individu ou d'une collectivité, les capacités immunitaires et le développement de maladies chroniques: dermatologie, reproduction, digestion... Dans cette seconde partie, volumineuse..., on passe à l'action:

Quels sont les signes objectifs de stress dans une collectivité? Comment les anticiper, les identifier?  Et comment tenter d'aménager l'environnement pour que chaque individu d'une collectivité trouve un milieu de vie de non stressant?


Manifestations comportementales du stress

Cette courte liste qui fait le lien entre bien-être et pathologies organiques est non exhaustive. Les signes d’anxiété sont nombreux, parfois subtils à observer et variables selon les individus d’une même espèce. C’est pourtant la recherche de ces signes comportementaux qui sont à prendre en compte en pratique.
Outre les pathologies évoquées, on citera : les conduites agressives exacerbées et / ou imprévisibles (signe de frustration),  l’inhibition ou retrait, animal tremblant ou haletant,  les comportements autocentrés, les stéréotypies (Mason, 2007 ; Mason et Rushen, 2008), changement du niveau d’activité, diminution des comportements de jeu, vocalisations, augmentation des mixions et des défécations (Breeda et al., 1997 ; Tuber et al., 1999 ; Rooney, 2009), coprophagie. Pourtant ces signes peuvent être d’expression variable selon les individus selon leur passif, leurs capacités cognitives, leur tempérament. Ainsi, ce sont les variations de ces comportements  (augmentation des vocalisations ou des comportements de léchage) chez un individu qui doivent nous alerter.

Les agents stresseurs :

Dès lors que le lien entre pathologies et stress a été établi, il convient d’identifier quels peuvent être les agents stresseurs. A un niveau strictement législatif, le bien-être des animaux en collectivités est censé être garanti par des normes de construction des locaux. Nous allons voir que les facteurs de stress sont en fait bien plus nombreux et complexes à définir. D’après Breeda et al. (1997) et Tuber et al. (1999), on peut citer : l’isolement / confinement, le bruit (surtout s’il est intense et non prévisible), les pertes de routines ou la nouveauté (modifications des horaires ou du personnel), l’absence de contrôle de l’environnement et enfin des évènements potentiellement traumatisants comme les transports, contentions, manipulations etc.


Stress et confinement

« Il est interdit d’enfermer les animaux de compagnie et assimilés dans des conditions incompatibles avec leurs nécessités physiologiques et notamment dans un local sans aération ou sans lumière ou insuffisamment chauffé ». « Pour les chiens de chenils, l’enclos doit être approprié à la taille de l’animal, mais en aucun cas cet enclos ne doit avoir une surface inférieure à 5 mètres carrés par chien et sa clôture ne devra pas avoir une hauteur inférieure à 2 mètres. Il doit comporter une zone ombragée » (Extrait de l’arrêté du 25 octobre 1982). 

Au-delà de l’aspect législatif, de nombreuses études ont mis en évidence que ces valeurs sont définies de manière arbitraire et ne s’adaptent pas à une mise en application concrète. 

Dans une étude menée sur 350 beagles, Andersen et Hart (1955) montrent une amélioration de la longévité lorsque les surfaces des chenils atteignent 3 m2 pour 2.5 centimètres de hauteur au garrot. La longueur  de la courette doit être le double de sa largeur pour favoriser les comportements sociaux.

Dans un chenil de 300 Bergers allemands, logés individuellement dans des logettes de 12 m2, une restructuration des locaux a permis d’appliquer les recommandations de Andersen et Hart (1955) soit des logements individuels de 78 m2. Prestat (1978) constate que les chiens sont « plus calmes » et que les aboiements ne se produisent plus que très rarement. Dernier fait important : la disparition des comportements stéréotypés.

Hetts et al. (1992) étudient l’influence du logement sur le comportement de chiens beagle. Ils montrent que lorsqu’ils sont logés individuellement, les chiens se déplacent significativement plus lorsqu’ils sont dans des courettes de moins de 11 m2. Ils notent également une réduction des nuisances sonores à partir de 11 m2. Enfin les chiens logés dans des courettes de 55 m2 manipulent plus les objets que ceux logés dans des chenils plus petits.


Stress et isolement.

Après avoir étudié l’influence de la surface sur le comportement en logement individuel, Hetts et al. vont former des binômes de chiens et les loger dans les conditions précédentes. Alors ils ne notent aucune différence d’activité motrice, que les binômes soient logés dans 55m2, 11m2 ou 4,3m2 ! Il semblerait alors que ce soit l’isolement social qui ait plus d’influence sur le bien-être que le confinement : la présence d’un congénère semble être plus importante que la mise à disposition d’une surface plus grande.

Andersen et Goldman (1960) montrent que le logement par paires est bénéfique à l’activité sociale, à la dépense physique des chiens, diminue les comportements d’aller et venus et les stéréotypies.

Breeda et al. (1998) mesurent les réponses physiologiques à une période d’isolement social et de confinement: Ils montrent une augmentation de la concentration de cortisol urinaire et salivaire et une prolifération de lymphocytes. Ce sont les signes d’un stress chroniques.

D’autres études montrent l’intérêt de l’hébergement en dyade ou en groupe (Wells, 2004; Rooney, 2009). Néanmoins il faut prendre en compte le degré de socialité des chiens et la « compatibilité » des individus pour diminuer le risque de générer des situations stressantes (conflits, blessures,…).
Si l’hébergement en dyade ou en groupe est impossible, il est important que les chiens gardent la possibilité d’un contact visuel. Les chiens hébergés seuls passent plus de temps dans la partie de l’enclos où ils peuvent apercevoir d’autres chiens (Wells et Hepper, 1998).


Stress et enrichissement du milieu.

On considère comme un enrichissement du milieu toute modification environnemental s’avérant bénéfique/améliorant le fonctionnement biologique de l’animal et amélioration du niveau de Bien Être (Newberry, 1995). Ces aménagements ne sont pas une simple augmentation du niveau de stimulation ou une complexification de l’environnement : ils doivent favoriser l’expression du répertoire comportemental de l’espèce.

Les niches qui sont obligatoires pour protéger les animaux des intempéries et du soleil, procurent également la possibilité de s’isoler. Elles peuvent aussi être imaginées comme des promontoires permettant au chien d’observer l’ensemble de l’enclos et de mieux contrôler son environnement (Hubrecht, 1993; Rooney, 2009). On envisage ainsi l’aménagement du chenil non plus en 2 mais en 3 dimensions.
 
 Le comportement de fourragement est à la fois un comportement exploratoire et alimentaire, il représente un budget-temps certain qui peut-être variable selon les espèces. Il peut être intéressant de favoriser ce comportement par des jouets distributeurs de nourriture. Schipper et al. (2008) étudient la répartition de la ration alimentaire par l’introduction d’un Kong TM : cette nouvelle méthode de distribution induit une diminution de la fréquence d’aboiement. Le retrait du Kong TM  induit augmentation taux de cortisol (Hihy et al. 2005).


Stress et contact humain.

Les interactions avec l’humains sont souvent rapportée comme une des meilleures méthodes d’ « enrichissement » (Tuber et al, 1999; Wells, 2004; Rooney, 2009).
 Néanmoins, il faut au préalable évaluer le degré et la nature de l’expérience avec humain pour éviter d’imposer des stimulations stressantes.
Un contact quotidien avec l’humain dès la première semaine qui suit l’arrivée dans un refuge induit une diminution considérable du taux de cortisol (Copppola et al. 2006). Ces valeurs sont aussi diminuées sur des chiens en chenil caressés quotidiennement (Hennessy et al. 1998). On notera que le taux de cortisol est plus bas lors d’interactions avec une femme inconnue que lors d’interactions avec un homme inconnu (Hennessy et al. 1997). La mise en place d’entraînements réguliers avec des renforcements positifs (récompenses alimentaires) ont un caractère prévisible et apaisant permettant un contrôle du chien sur l’environnement.


Pour conclure :


 Les pathologies organiques liées au stress sont facile à envisager lorsqu’elles surviennent suite à une modification des conditions de vie (logements, enrichissements, perte ou introduction d’un congénère…). La grande difficulté est de faire la part des choses lors de pathologies chroniques car elles risquent d’être considérées comme « normales »… il faut alors s’interroger sur la conduite d’élevage ET sur le facteur stress imposé aux individus…et ne pas considérer la situation comme une fatalité.

Hélas les études dans le domaine des collectivités canines sont trop rares pour pouvoir en tirer des généralités applicables à tous les élevages, contrairement à la situation des élevages de production porcins ou aviaires. Néanmoins toutes les études citées doivent être considérées comme des éléments majeurs de réflexion quant à l’organisation des collectivités canines. Elles doivent également inciter à l’observation des individus et des signes comportementaux de souffrance.
En terme de rentabilité et dans l’état actuel des connaissances scientifiques des collectivités de chiens, il est plus cohérent de viser à réduire les frais liés aux pathologies chroniques  dues au stress plutôt que d’envisager un abord productiviste qui vise à contrôler tous les facteurs de production (surface, hydrométrie, prophylaxies, aliments médicamenteux etc…).

De plus une approche intensive ne tient compte du bien-être animal que d’un point de vue législatif dont nous avons vu le caractère parfois imprécis, inadapté et arbitraire. Il y a fort à parier que ce type de démarche ne peut pas optimiser la « production » d’individus équilibrés, stables et socio-compétents. Il semble donc que des conduites d’élevage « extensives » où l’on observe le bien-être comportemental des individus donnent les meilleures chances de répondre aux demandes des acquéreurs de chiots de compagnie et par là même valorisent l’image d’excellence de l’élevage canin français.


Avec l'aide des chercheurs en éthologie du refuge AVA:
avarefuge76.com

Dr Antoine BOUVRESSE